Comment fonctionnerait l’impôt à taux unique du MDP ?
Le tome II du programme décrit une réforme fiscale en quatre piliers : un impôt sur le revenu à taux unique, un impôt sur les sociétés abaissé, une TVA relevée de deux points et des cotisations sociales divisées par deux. Cette page présente les deux premiers.
Un seuil qui garde la progressivité
Aucun impôt ne serait dû jusqu’à 1 400 euros nets par mois. Au-delà, le taux de 20 % ne porterait que sur la part qui dépasse ce seuil. Le taux est unique, mais la part du revenu prélevée augmente avec le revenu : c’est la réponse du programme au reproche d’injustice.
« aucun impôt jusqu’à 1 400 euros nets par mois, soit 16 800 euros par an. Le système reste donc progressif, puisqu’on ne paie 20 % que sur la part au-dessus du seuil. »
Deux exemples chiffrés par le programme
Le tome donne deux exemples annuels : un revenu de 30 000 euros entraînerait 2 640 euros d’impôt, soit un taux réellement supporté de 8,8 % ; un revenu de 200 000 euros entraînerait 36 640 euros d’impôt, soit 18,3 %.
« Celui qui gagne 30 000 euros par an paiera 20 % sur 13 200 euros, soit 2 640 euros. Celui qui gagne 200 000 euros paiera 20 % sur 183 200 euros, soit 36 640 euros. »
Sans niche fiscale
Le taux unique va de pair avec la suppression de toutes les niches fiscales. Le programme estime que ces dérogations permettent aujourd’hui aux revenus les plus élevés de payer un taux réel inférieur au barème affiché, et qu’un taux bas appliqué sans exception rapporterait davantage.
L’impôt sur les sociétés à 20 %, et à 15 % pour les PME
Pour les entreprises, le programme prévoit un taux unique de 20 %, abaissé à 15 % pour les petites et moyennes entreprises, en restant au-dessus de l’impôt minimum mondial de 15 %. Il propose aussi que la moitié de ces recettes revienne à la Région où l’entreprise est implantée.
« Nous ramènerons le tout à un taux unique de 20 %, compétitif quand la moyenne européenne avoisine 21 %, et nous l’abaisserons à 15 % pour les petites et moyennes entreprises, celles qui font vivre nos territoires. »
Règles actuelles et proposition du MDP : quelles différences ?
Le tableau distingue les règles en vigueur, vérifiées sur les sites officiels, des propositions du programme.
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| Question | Aujourd’hui | Proposition du MDP |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Barème progressif en cinq tranches, de 0 % jusqu’à 11 600 € à 45 % au-delà de 181 917 €, appliqué par part de quotient familial (revenus de 2025). | Taux unique de 20 % sur la part des revenus supérieure à 1 400 € nets par mois. |
| Niches fiscales | Réductions, crédits d’impôt et régimes dérogatoires multiples. | Suppression totale. |
| Impôt sur les sociétés | 25 % ; 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice pour les PME éligibles (chiffre d’affaires jusqu’à 10 millions d’euros, capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques). | 20 % ; 15 % pour les petites et moyennes entreprises. |
Règles en vigueur : Barème de l’impôt sur le revenu, service-public.gouv.fr, page mise à jour le 15 avril 2026 ; Impôt sur les sociétés, entreprendre.service-public.gouv.fr, page mise à jour le 17 février 2026. Les propositions du MDP ne sont pas des règles applicables aujourd’hui.
Combien la réforme coûterait-elle ou rapporterait-elle ?
Selon le programme, l’impôt sur le revenu rapporte aujourd’hui de l’ordre de 90 à 100 milliards d’euros par an. Sans niche et avec une assiette élargie, il serait au minimum maintenu à ce niveau et probablement porté entre 120 et 160 milliards. La baisse de l’impôt sur les sociétés coûterait de l’ordre de 10 à 15 milliards par an à court terme.
« L’impôt sur le revenu rapporte aujourd’hui de l’ordre de 90 à 100 milliards. Sans niche et sur une assiette élargie, il sera au minimum maintenu à ce niveau, et probablement porté entre 120 et 160 milliards. »
« la baisse du taux de 25,8 à 20 %, et le taux réduit à 15 % pour les PME, soit de l’ordre de 10 à 15 milliards par an à court terme. »
Ces montants sont des estimations du mouvement. Le tome renvoie à une annexe budgétaire pour le détail du calcul.
Ce que le programme doit encore préciser
Ces points ne sont pas tranchés dans les pages citées. Le mouvement les précisera au fil de la construction du projet.
- La définition des petites et moyennes entreprises éligibles au taux de 15 %, alors que le taux réduit actuel ne porte que sur les 42 500 premiers euros de bénéfice.
- L’articulation du taux unique avec le quotient familial, dont le programme veut par ailleurs supprimer les plafonnements.
Questions fréquentes
Un taux unique est-il forcément injuste ?
Le programme répond par le seuil : jusqu’à 1 400 euros nets par mois, aucun impôt n’est dû, et le taux de 20 % ne porte que sur la part qui dépasse. Dans ses exemples, le taux réellement supporté passe de 8,8 % pour 30 000 euros annuels à 18,3 % pour 200 000 euros.
Que deviendraient la TVA et les cotisations sociales ?
Le même tome prévoit de relever la TVA de deux points, à 22 %, et de diviser les cotisations sociales par deux. Ces deux mesures sont présentées ensemble comme le moyen d’augmenter le salaire net.