Nous ne vous promettons pas de gagner demain
Où nous en sommes vraiment, et pourquoi cela ne change rien à ce que nous faisons.
Un mouvement qui naît n’a ni députés, ni permanents, ni plateaux de télévision. Celui qui l’a fondé n’est pas une figure connue : c’est un citoyen, comme vous. Nous pourrions vous raconter autre chose. Nous préférons commencer par là, parce qu’un projet qui ment sur son point de départ mentira sur le reste.
Disons donc les choses. Dans l’immédiat, la colère ira vers les forces déjà installées, celles qui ont des élus, des budgets et un micro tendu chaque matin. C’est logique : quand on veut sanctionner, on prend l’outil qui est à portée de main. Et cet outil promet exactement ce que la Ve République a appris aux Français à attendre, un chef, des décrets, de l’autorité tout de suite. Nous proposons l’inverse : diviser le pouvoir, le rendre aux Régions, le soumettre au référendum. C’est plus long à expliquer. C’est aussi la seule chose qui tienne dans la durée.
Pourquoi le raccourci l’emporte d’abord
Ce n’est pas de la bêtise, c’est une question de temps. Quelqu’un qui travaille, qui élève ses enfants et qui finit sa journée épuisé n’a pas trois soirées à consacrer à six cents pages. Il a trente secondes et un bulletin. En trente secondes, « un chef qui décide » s’explique parfaitement. « Sept Conseillers, vingt et une Régions et quatre référendums par an », non. Le problème n’est pas l’électeur : c’est que notre proposition demande plus de temps que la colère n’en laisse.
Ce qui se passera ensuite
Celui qui gagnera se heurtera au mur. Pas au mur de ses adversaires : au mur de la machine. Une dette de 3 400 milliards qui interdit toute marge. Une Assemblée sans majorité. Un Conseil constitutionnel qui censure. Une administration qui absorbe les volontés comme le sable absorbe l’eau. Il ne s’agit pas de savoir si cela arrivera : cela arrive déjà, à chaque gouvernement, depuis quinze ans.
La démonstration, en deux planches
Nous n’avançons pas cela en l’air. Voici les cinq murs que rencontrera n’importe quel vainqueur de 2027, et les six chemins qui butent tous sur les mêmes.
Planche 1 sur 2
Les cinq invariants
Ce qui ne dépend d’aucun vainqueur : pas de majorité absolue, la charge de la dette à 67 milliards, le 49.3 comme seul outil, le droit européen, et aucun arbitrage populaire.
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Planche 2 sur 2
Six chemins, une seule sortie
Du RN à La France insoumise, six vainqueurs possibles en avril 2027. Programmes différents, issue identique : blocage, censure, dissolution. Ils diffèrent par la vitesse, pas par la destination.
PDF à imprimerCe que notre histoire nous apprend
La France sait faire les ruptures. Elle en a fait cinq, et pas une seule au calme. 1789 : le royaume en faillite convoque les États généraux parce qu’il ne peut plus payer. 1848 : crise financière et disette. 1870 : la défaite de Sedan. 1946 : les ruines. 1958 : Alger, l’armée qui menace, une Constitution écrite en un été.
Aucune de ces refondations n’est née d’un débat serein. Toutes sont nées d’un mur. Et presque toutes ont fini confisquées : la Révolution a donné le 18 Brumaire dix ans plus tard, la Deuxième République n’a pas tenu quatre ans avant le coup d’État. Quand une rupture s’improvise dans le chaos, ce n’est jamais le peuple qui la ramasse : c’est celui qui avait un plan sous le bras.
Notre travail, d’ici là
C’est précisément pour cela que nous écrivons maintenant, et non le jour venu. Ce jour-là, il sera trop tard pour commencer à réfléchir. Il faudra sortir les plans. C’est précisément ce que nous faisons maintenant : écrire, chiffrer, documenter, mesure par mesure, pour que la refondation soit prête le jour où elle deviendra possible. Six cents pages qui attendent leur heure valent mieux qu’un slogan qui la manque.
Nous n’attendons aucune catastrophe et nous n’en souhaitons aucune. Nous constatons une arithmétique : tant que la mécanique reste la même, les blocages s’aggravent. Autant être prêts avant, plutôt que d’improviser après.
Rejoindre le MDP aujourd’hui vaut mieux qu’un point de sondage.
Vous n’arrivez pas à la fin d’une histoire, vous arrivez à son début.