Quel constat fait le programme ?
Le tome II s’appuie sur les projections du Conseil d’orientation des retraites : environ 1,7 cotisant par retraité aujourd’hui, et 1,3 à 1,4 d’ici 2070. La durée passée à la retraite serait passée d’environ quinze ans en 1965 à plus de vingt-quatre ans, et le taux de remplacement glisserait autour de 45 % en 2070.
« ce rapport est tombé à environ 1,7 cotisant par retraité aujourd’hui, et il glisserait vers 1,3 à 1,4 d’ici 2070. »
Le programme ajoute un argument moins souvent avancé : un système financé presque uniquement par les cotisations sur le travail deviendrait fragile si l’automatisation et l’intelligence artificielle réduisent la part du travail humain dans la production de richesse.
Comment fonctionneraient les trois piliers ?
Premier pilier : la répartition en comptes notionnels
Chaque actif disposerait d’un compte individuel, crédité de ses cotisations et revalorisé selon l’évolution de l’économie. Ce capital est virtuel : les cotisations d’aujourd’hui continuent de payer les pensions d’aujourd’hui. Au départ, la pension serait calculée en divisant ce capital par l’espérance de vie de la génération. La Suède applique ce modèle depuis 1999.
« Nous garderons la répartition comme base, car elle est juste et solidaire »
« Au moment du départ, la pension se calculera en divisant ce capital par l’espérance de vie de sa génération. »
Deuxième pilier : un fonds collectif par capitalisation
Au-dessus de ce socle, un fonds public et paritaire placerait une part des cotisations sur le long terme. Le programme insiste sur le caractère collectif du dispositif, qui mutualise les risques, par opposition à des comptes individuels exposés à un krach l’année du départ.
« un grand fonds public et paritaire, sur le modèle des grands fonds de pension néerlandais ou canadien. »
Troisième pilier : l’épargne libre
L’épargne retraite individuelle et volontaire, qui existe déjà, serait maintenue, avec un avantage fiscal.
Système actuel et proposition : les différences
Le tableau distingue les règles en vigueur des propositions du programme.
Faites glisser le tableau pour lire les trois colonnes →
| Question | Aujourd’hui | Proposition du MDP |
|---|---|---|
| Financement | Répartition : les cotisations des actifs financent les pensions versées. | Répartition conservée comme socle, complétée par un fonds collectif par capitalisation. |
| Calcul de la pension | Selon les régimes, calcul fondé sur la durée d’assurance et les salaires, ou sur des points pour les retraites complémentaires. | Capital virtuel crédité des cotisations, divisé par l’espérance de vie de la génération. |
| Âge légal de départ | De 62 ans et 9 mois (personnes nées de 1963 à mars 1965) à 64 ans (personnes nées à partir de 1969). | Non fixé dans le chapitre consacré aux retraites. |
Règles en vigueur : Âge légal de départ à la retraite, service-public.gouv.fr, page mise à jour le 14 août 2026. Les propositions du MDP ne sont pas des règles applicables aujourd’hui.
Comment se ferait la transition ?
Le programme présente la conversion du socle en comptes notionnels comme un changement de formule de calcul, sans coût de financement. Le fonds collectif monterait en charge progressivement, par une cotisation modeste, plus élevée pour les jeunes générations, et serait amorcé par une dotation initiale. Les actifs les plus âgés resteraient entièrement dans la répartition. Le tome annonce un tableau de financement année par année.
« Convertir le socle en comptes notionnels ne coûte rien, c’est un changement de formule et non de financement, la Suède l’a fait sans douleur. »
Ce que le programme doit encore préciser
Ces points ne sont pas tranchés dans les pages citées. Le mouvement les précisera au fil de la construction du projet.
- L’âge légal de départ et les conditions d’un départ anticipé.
- Le niveau de la cotisation affectée au fonds collectif et le montant de la dotation initiale.
- Le sort des retraites complémentaires et des régimes spéciaux, qui ne sont pas détaillés dans ce chapitre.
Questions fréquentes
Le MDP propose-t-il une retraite par capitalisation ?
En partie seulement. La répartition reste le socle. La capitalisation proposée est collective, par un fonds public et paritaire, et non par des comptes individuels placés en Bourse.
Qui serait concerné par la transition ?
Selon le programme, les actifs les plus âgés resteraient entièrement dans le système par répartition ; la montée en charge du fonds collectif concernerait surtout les jeunes générations.